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Pisteur-Secouriste

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6 : 45 H, 112ème jour

Le jour de fermeture est bientôt là. Le dernier relevé météorologique ne montre aucun signe de recul de l’anticyclone, ce qui confirme l’inévitable : une nouvelle saison de ski s’achève. Après plus de 110 jours passés sur la neige, mon corps tout entier s’en ressent.

C’est l’un des meilleurs moments pour être en montagne

 

Malgré cela, la journée commence toujours aussi tôt. Si tôt que l’on se croirait encore en pleine nuit. La lumière blanche de l’ordinateur brille dans le noir alors que je relève les informations des stations météo, la vitesse du vent, les conditions du manteau neigeux et sa stabilité. En fond sonore j’entends le goutte à goutte de la cafetière ; je m’étire, prends mon petit-déjeuner, prépare mon casse-croute et me verse un grand café, noir.

C’est ma routine, mon rituel matinal. Sauf s’il neige, alors-là cela démarre encore plus tôt.

 

 

 

 

 

 

 

Alors que je gare ma voiture, le ciel s’éclaircit et découpe les sommets, les rayons du soleil déposent déjà leur lumière douce et chaude sur les cimes les plus hautes. J’entends au loin les murmures de la station qui se réveille, mais là-haut tout est calme, paisible… Serein. C’est l’un des meilleurs moments pour être en montagne.

Au centre de secours, chacun s’affaire et prépare sa journée. Les discussions amicales se font autour d’un café, encore. Je glisse dans mes chaussures de ski, tire la languette et frappe le talon pour le loger à sa place. Durant les 10 heures qui suivront, mes pieds seront confinés dans ces coques en plastiques, protégés des éléments, me soutenant dans chacun des gestes que j’effectuerai sur la neige. Le juste milieu entre confort et performance est déterminant pour passer la journée sans encombre.

      

"DURANT LES 10 HEURES QUI SUIVRONT, MES PIEDS SERONT CONFINES DANS CES COQUES EN PLASTIQUES"

 

 

 

La réunion commence à 7 heure du matin. Tout le monde se met au fait des conditions générales en écoutant attentivement les retours des équipes de damage et des remontées mécaniques, les mises à jour concernant les limites de pistes et les signalisations, ainsi que le dernier bulletin du météorologue principal. Alors que nous prenons connaissance de nos secteurs d’affectation, il me tarde déjà de retrouver l’air frais du matin.  

… c’est pour des journées comme ça que l’on est là

 

Lors des contrôles avalanches matinaux on accède à la montagne, vierge, blanche. Les pics sont balayés par les vents et les arbres encore recouverts d’un manteau de neige fraiche. Certains matins lorsque nous prenons le premier télésiège il fait si froid que la respiration est difficile, mais c’est tellement beau. Hormis le bruit des sièges au passage des pylônes, la montagne tout entière est silencieuse, sans aucune trace en vue. Tout est parfaitement lisse, chacun des couloirs si convoités, chacun des « secret-spot » jalousement gardés, chacun des fameux et accessibles champs de poudreuses ‘juste sous le télésiège’. Tout est immaculé, parfait, intact… si pur.

Alors vient cette incontrôlable envie de s’y plonger, de laisser flotter ses spatules, de faire parler la poudre, de laisser sa trace. Et ce partout où se pose notre regard. Une toile neuve. Un terrain de jeux sans limite. Année après année, hiver après hiver, c’est pour des journées comme ça que l’on est là.

Ce n’est pas une journée normale, parce qu’en fait, les journées normales n’existent pas en montagne. Il n’y a pas de rituels ou de routine lorsque l’on évolue avec les éléments naturels. De même, nous n’avons pas le contrôle sur les skieurs une fois qu’ils sont lancés sur le domaine. Nous comptons sur notre entraînement, nos coéquipiers et notre équipement pour nous soutenir dans les défis quotidiens. Une fois que l’on sait cela, il ne reste plus qu’à se tenir prêt.

 

 

 

 

 

 

 

A la radio une voix s’écrit : « le bal est ouvert les gars ! » et l’ensemble des pisteurs, prêts, au sommet du télésiège répond en riant. Cette belle poudreuse nous appelle en scintillant, et ce précieux moment avant l’arrivée des premiers skieurs nous donnera le sourire pour la journée.  Nous sommes là : les visages tannés par le vent, brûlés mais souriants, à l’écoute, à faire ce que nous aimons.

En arrivant, je sers chacun de mes crochets, ajuste mon sac à dos et m’éloigne du siège. Je suis prêt à débuter la journée. Prêt à skier.