Lange | LE PARADIS SECRET DE PIERRE-LOUIS CRET | Lange -

07.10.2021 | Stories - Athletes

Entre neige et glace par Pierre-Louis Cret

29 Mars 2021, 6 heures 30 du matin, quelque part dans les écrins pas très loin de La Grave, un snowboarder et un skieur quittent leur maison pour un projet qui leur tiens à coeur depuis longtemps.
 Lever du jour dans les écrins

 

 

29 Mars 2021, 6 heures 30 du matin, quelque part dans les écrins pas très loin de La Grave, un snowboarder et un skieur quittent leur maison pour un projet qui leur tiens à coeur depuis longtemps.

C’est un des nombreux avantages d’habiter si proche des montagnes, pas besoin de prendre sa voiture pour aller skier !

C’est parti donc, pour un peu plus de 1700m de dénivelé, tantôt à ski, tantôt crampons aux pieds, avec Jean-Louis (snowboarder de la Grave) et moi-même.

7h05, les premiers rayons du soleil sur les sommets des écrins nous offrent toujours un spectacle qui à lui seul vaut le coup de se lever si tôt. Le rythme de montée s’installe, les premières conversions s’enchaînent et nous voilà déjà aux abords du premier glacier de la journée. C’est là que l’on aperçoit cette superbe grotte de glace formée par un torrent à l’intérieur du glacier. Elle s’étend sur près de 100 mètres de long et sur plus de 10 mètres de haut par endroits.

 Le torrent gelé dans le plus long tunnel de la grotte Ambiance sous-marine dans la grotte
 Le torrent gelé dans le plus long tunnel de la grotte Ambiance sous-marine dans la grotte

Des gros blocs de glace tombés du plafond à l’entrée nous rendent hésitant à l’idée de passer trop de temps-là dessous. Mais on a le temps d’explorer ce magnifique antre du glacier et le spectacle vaut vraiment le coup !

Quelques photos et nous voilà quand même repartis pour notre objectif initial qui est encore à plusieurs heures de montée.

 Les glaciers et cathédrales de glace

 

 

Toujours en peaux de phoque, on quitte donc les résidus de glace du fond de la vallée pour monter sur l’un des glaciers de cette face nord.

On jette un dernier coup d’oeil sur l’itinéraire de descente qu’il faut bien repérer car on monte par un autre chemin. Il faudra slalomer entre les barres et les séracs pour arriver à descendre.

Un peu plus tard, on accède à un couloir de neige qu’il faut remonter à pied pour accéder à la partie supérieure de la montée. On quitte donc les peaux pour les crampons et on se prépare pour cette escalade avec une vue plongeante sur les autres glaciers et cathédrales de glace qui composent le vallon. Avec une vue pareille, on oublie facilement la fatigue de la montée !

Il est midi lorsque l’on atteint une brèche où il faut descendre en rappel pour accéder à la pente terminale.

Les précédents skieurs ont laissé des cordelettes permettant la descendre en rappel, mais celles-ci sont là depuis trop longtemps et on doit en ajouter une nouvelles pour être sûrs de la solidité du relais.

Toujours en crampons, nous descendons, puis remontons le glacier qui mène sous le col que nous visons depuis le matin. La rimaye (crevasse du bord du glacier) est difficile à franchir et nous perdons un peu de temps avant de finir cette montée dans la pente la plus raide de la journée.

 Montée skis sur le sac et crampons au pied La pente terminale
 Montée skis sur le sac et crampons au pied La pente terminale

14h et nous voilà en haut !

De là on peut contempler une superbe vue sur le massif et sur la barre des Écrins.

 La vue du sommet
 Slalom entre les séracs

 

 

 

 

 

On prend le temps de s’équiper et de profiter du paysage, avant de commencer la descente par la pente suspendue au-dessus du glacier.

C’est l’endroit le plus raide mais les conditions de neige sont superbes et on peut vraiment se faire plaisir sans se faire peur.

Avec Jean-Louis, on alterne le lead de la descente, tantôt à droite, tantôt à gauche des séracs en passant par le meilleur cheminement repéré à la montée. Mais vu d’en haut, c’est difficile de retrouver les repères observés d’en bas et on doit rester concentrés pour ne pas se mettre en danger.

 Jean-Louis dans le deuxième rappel

 

Arrivés à la deuxième barre de séracs à franchir, on doit faire un nouveau rappel à même la glace sur le bord du glacier pour continuer la descente.

C’est dans un environnement de glace et de neige que l’on progresse et l’ambiance haute montagne est garantie !

Encore une petite désescalade skis aux pieds et on peut envoyer des grandes courbes dans de la superbe poudreuse qui est restée bien froide !

Encore un petit détour dans une partie de la grotte de glace parcourue à la montée et on a plus qu’à se laisser glisser jusqu’à la maison.

C’est donc une superbe journée en montagne qui aura tenu ses promesses.

De la neige et de la glace skis au pied.